Quitter son job pour faire le tour du monde

Quitter job pour partir en tour du monde

Quitter son job pour partir en tour du monde : le rêve. Avant le rêve, il y a la réalité qui nous oblige à nous acquitter de certaines tâches. Parmi elles : quitter son emploi qui n’est pas toujours une mince affaire, ni des plus plaisantes… Bien que les patrons compréhensifs et les gens ouverts d’esprit existent – soyons optimistes.

Si vous souhaitez tout quitter pour voyager, il n’y a malheureusement pas de formule magique. La patience et le compromis seront vos meilleurs atouts pour négocier ce virage parfois serré.

Dans cet article, on vous explique tout ce qu’il faut savoir pour quitter son emploi en vue de partir en tour du monde. Nous parlerons de nos deux expériences bien distinctes pour vous aider dans cette étape de la préparation de votre voyage :

  • Cas n°1 : salarié en CDI
    • Les finances
    • Le congé sans solde
    • La rupture conventionnelle
    • L’abandon de poste
    • La démission
  • Cas n°2 : travailleur indépendant
    • Les finances
    • L’annonce aux clients et l’absence

Cas #1 : Fred, salarié en CDI

quitter job tour du monde
Plusieurs options existent pour quitter son job de salarié. © Photo Marc Mueller

Pour partir en tour du monde quand on est salarié en CDI, il existe plusieurs solutions. Pour ma part, je ne souhaitais pas “tout plaquer” pour réaliser ce projet. Mon job était intéressant, il y avait une bonne ambiance dans l’entreprise et je gagnais correctement ma vie. Pourtant, j’ai bel et bien du tirer un trait sur mon emploi pour réaliser mon rêve de partir en tour du monde.

Les finances : Avant de tout plaquer, il faut coffrer !

Pour préparer un tour du monde, la question des finances est centrale. Même si les salariés ne sont pas soumis aux mêmes charges que les travailleurs indépendants, il faut bien préparer son coup pour pouvoir “vivre” de ses économies pendant plusieurs mois. Pour cela, il n’y a pas de secret : à partir du moment où vous avez décidé de partir, que ce soit dans 6 mois ou dans 2 ans, il faut surveiller chaque sou dépensé.

La somme à mettre de côté sera évidemment définie selon votre projet de tour du monde : la durée, les pays traversés, le mode de vie que vous souhaitez adopter etc.

Toutefois, il faut aussi penser à l’après-tour du monde qui dépendra de la manière dont vous quittez votre job (ou pas, si vous êtes chanceux). Ce qui nous amène à la deuxième partie.

Comment quitter son emploi de salarié en CDI

En tant que salarié(e) en CDI d’une entreprise, plusieurs options s’offrent à vous si vous souhaitez quitter votre job pour partir en tour du monde :

  1. Le congé sans solde.
  2. La rupture conventionnelle.
  3. L’abandon de poste.
  4. La démission.

Pour ma part, j’ai d’abord demandé un congé sans solde afin de pouvoir poursuivre ma carrière dans l’entreprise après le voyage. Ma demande a été refusée mais j’ai eu la chance d’obtenir une rupture conventionnelle de la part de mon employeur, ce qui m’a permis de partir l’esprit tranquille car qui dit “rupture conventionnelle” dit aussi “allocations chômage”.

1. Le congé sans solde

Si vous souhaitez partir en tour du monde sans pour autant quitter votre emploi, il est possible de demander un congé exceptionnel à votre employeur. Ce congé serait pris sans solde, c’est-à-dire que vous ne serez pas payé durant votre absence (logique, vous ne travaillerez pas). Ça peut être un bon compromis dans le sens où vous avez l’assurance de retrouver votre emploi à la fin du congé en plus de ne pas être un poids financier pour votre employeur.

Votre employeur est en droit de vous refuser votre demande de congés s’il juge que cela nuirait à l’entreprise (ou s’il n’en a tout simplement pas envie). Si vous disposez d’une convention collective, n’hésitez pas à y faire quelques recherches, les possibilités y seront normalement stipulées.

Pour améliorer vos chances d’acceptation de votre projet par votre employeur, prévoyez la période à laquelle vous souhaitez partir en fonction de la vie de votre entreprise (par exemple s’il y a une haute ou une basse saison). Nous avons choisi de partir pendant le premier semestre de l’année car plusieurs missions importantes nécessitaient ma présence durant les mois de juin à octobre.

congé sans solde ou congé sabbatique ?

Sachez que le congé sans solde est différent du congé sabbatique. Pour pouvoir demander un congé sabbatique à votre employeur, il vous faudra répondre à une série de critères qui sont définis par la loi. Vous les trouverez sur cette page du site du gouvernement.

2. La rupture conventionnelle

Si vous souhaitez définitivement quitter votre job pour partir en tour du monde, vous pouvez demander à votre employeur de mettre fin à votre contrat par rupture conventionnelle. Le gros avantage : vous aurez droit à vos allocations chômage.

Voici les différentes étapes à suivre en cas de rupture conventionnelle de votre contrat CDI :

Étape 1Demandez à votre employeur de manière informelle s’il est possible de rompre le contrat qui vous lie par voie de rupture conventionnelle.
Étape 2S’il dit “non”, c’est son droit et c’est pas de bol pour vous. S’il dit “oui”, c’est tout bénéf.
Étape 3Dans le cas où votre employeur dit “oui”, il vous faudra formuler votre demande de manière formelle, par voie écrite (lettre recommandée avec accusé de réception).
Étape 4L’employeur vous convoquera ensuite par voie écrite à un entretien pour définir les modalités de votre sortie de l’entreprise (signature du contrat de rupture, date de sortie, montant de votre indemnité de rupture etc.).
Étape 5Suite à cet entretien, 2 semaines de délai de rétractation sont à respecter. Durant ce délai, chacune des parties peut changer d’avis sans avoir à se justifier.
Étape 6Une fois ce délai passé, il faudra envoyer le contrat de rupture à la DIRECCTE qui disposera de 2 semaines pour valider ou refuser votre demande.
Étape 7Si tout s’est bien passé jusqu’ici, vous n’aurez plus qu’à procéder à la signature de votre solde de tout compte et recevoir l’attestation d’employeur à la date prévue afin de pouvoir vous inscrire à Pôle Emploi. Si votre dossier est refusé, la raison sera justifiée par la DIRECCTE et il vous faudra recommencer le processus.

Dans le meilleur des cas, le processus de la rupture conventionnelle dure donc 1 mois minimum.

Chômage et tour du monde

L’avantage de la rupture conventionnelle, c’est que vous serez en mesure de vous inscrire sur la liste des demandeurs d’emploi afin de bénéficier du chômage pendant ou après votre tour du monde. Soyez tout de même prudents. C’est un peu limite de toucher ses allocations d’aide au retour à l’emploi en ayant les pieds en éventail sur une plage de sable blanc. C’est possible mais illégal : c’est à vos risques et périls.

Sachez qu’il est possible de s’inscrire à Pôle Emploi et de geler vos droits pendant une période déterminée (en d’autres termes, la durée de votre voyage). Informez Pôle Emploi de votre projet et de votre future absence :vos droits seront décalés jusqu’à votre retour pour que vous puissiez en bénéficier à ce moment-là. Vous ne perdrez donc rien et vous pouvez geler vos droits pendant 3 ans maximum.

3. L’abandon de poste

Dans le cas où vous n’auriez pas pu rompre votre contrat proprement avec votre employeur, vous pouvez considérer l’option de l’abandon de poste. Selon votre job, ce sera plus ou moins facile. Le principe de l’abandon de poste, c’est que vous cessez de vous rendre au travail du jour au lendemain.

Selon la loi, votre employeur aura une semaine de délai durant laquelle il cherchera à entrer en contact avec vous pour s’assurer que vous avez effectivement fait le choix délibéré d’abandonner votre poste (et que vous n’avez pas eu d’accident, par exemple).

Passé ce délai, il disposera de 2 mois pour vous licencier pour “faute grave”. Ce motif est important puisqu’il dédouanera votre employeur de toute responsabilité : il n’aura pas à vous verser la moindre indemnité. Ce qui est intéressant pour vous en revanche, c’est que vous serez en droit de vous inscrire sur la liste des demandeurs d’emploi et donc de bénéficier des allocations chômage.

Attention aux mots employés dans le motif du licenciement. La faute “grave” diffère de la faute “lourde” : cette dernière ne donne pas droit aux allocations chômage.

Le risque lié à l’abandon de poste

Le risque, c’est que votre employeur ne vous licencie pas et laisse s’écouler ce délai de 2 mois. A ce moment-là, il ne peut plus vous licencier pour faute grave car la loi estime que, si votre absence portait préjudice à l’entreprise, il l’aurait fait sans tarder.

Dans ce cas, le seul moyen de mettre fin à votre contrat, c’est de retourner au travail et de vous faire licencier ou bien de démissionner (avec le délai du préavis qu’il vous faudra respecter).

La meilleure chose à faire à notre avis serait de partir en tour du monde et de vous occuper de ça à votre retour. Le problème, c’est que vous n’aurez peut-être pas l’esprit tranquille…

4. La démission

Si vous n’avez obtenu ni congé sans solde, ni rupture conventionnelle et que vous ne souhaitez pas faire un abandon de poste, il ne vous restera plus qu’à démissionner.

Sur ce sujet-là, il n’y a pas grand chose à dire si ce n’est qu’il vous faudra mettre d’autant plus d’argent de côté en prévision des dépenses que vous aurez à couvrir après votre voyage, le temps de retrouver un emploi. En effet, la démission ne vous donne pas droit aux allocations chômage.


Cas #2 : Mathilde, travailleuse indépendante

emploi travailleur indépendant
En tant que travailleur indépendant, quitter ou mettre en pause son emploi se passe différemment. © Photo Toa Heftiba

Je suis masseuse-kinésithérapeute et je travaille en libéral.

En d’autres termes, je suis ma propre patronne (j’ai bien discuté avec elle de ce projet de tour du monde et elle a été très compréhensive ha ha). Je fais exclusivement du travail à domicile donc pas de cabinet ou de collègues à gérer.

  • Mon plus gros problème : la trésorerie.
  • Mon plus grand défi : annoncer mon départ à mes patients.

Préparer les finances

Être un travailleur libéral a ses avantages et ses inconvénients. Je travaille, je gagne de l’argent. Je ne travaille pas, je ne gagne rien (et pas d’allocations chômage pour notre statut).

Sauf que les charges, elles, continuent de tomber : URSSAF, caisse de retraite, assurances privées et cotisations obligatoires, entre autres. Elles sont calculées sur l’année précédente donc, à moins de ne pas travailler l’année d’avant (impossible, il faut gagner des sous-sous pour le voyage), il va me falloir mettre aussi de l’argent de côté pour couvrir ces débits de mon compte bancaire pendant mon absence.

J’ai bien essayé de contacter l’URSSAF, la CARPIMKO (le nom de notre caisse retraite obligatoire) et les impôts : sans succès. “Mais madame, personne ne fait ça”. Dès que vous sortez de la norme, difficile de trouver de l’aide.

Comme cette bonne vieille fourmi de La Fontaine, j’ai donc économisé deux fois plus.

l’annonce aux clients et l’absence

Quand on part aussi longtemps, les gens s’attendent à ce que vous preniez un remplaçant. C’est ce que tous les kinés font quand ils sont en congés… s’ils en trouvent un. En effet, notre profession connait un remaniement actuel qui fait des remplaçants, une denrée rare.

De plus, il faut souvent se rendre disponible au début pour lui expliquer comment fonctionne le logiciel de gestion/facturation des patients (ou avoir des collègues qui puissent “l’accompagner” mais je travaille seule avec mes patients à domicile). Si un problème survient pendant son remplacement, c’est vous qui en ferez les frais car il fait les traitements en votre nom. La plupart des collègues dans la profession sont honnêtes mais une erreur (ou un fraudeur) est vite arrivée.

Je n’avais pas envie d’avoir ce souci pendant mon absence et il m’était difficile de confier cette gestion à une tierce personne.

Vient l’annonce de mon départ à mes patients… Par respect pour eux et pour leur faciliter la tâche, j’ai contacté mes collègues kinésithérapeutes qui travaillent sur le même secteur que moi et ai pris rendez-vous pour mes patients. La plupart de ces personnes sont âgées, avec des pathologies chroniques qui nécessitent des soins toute l’année.

Les aléas du direct

“Il faut que je vous dise quelque chose. Je vais partir voyager pendant six mois à partir du mois de janvier. Je vous suis jusqu’à la fin de l’année, bien sûr, et je me suis arrangée pour trouver un kiné qui puisse prendre le relais”.

  • Madame V. 92 ans : “Vous partez pendant 6 mois !? Ah, ces jeunes, c’est pas possible. Et vous nous laissez pendant tout ce temps. Voilà, vous nous laissez tous seuls.”
  • Madame B. 86 ans : “Oh, c’est fantastique ! Vous avez raison, va. Il faut profiter quand on est jeune. C’est pas vrai de croire qu’on peut profiter quand on est vieille comme moi.”

Heureusement pour moi, le premier type de réponse a été peu fréquent et dans l’ensemble, tout le monde était content pour moi. Certains m’ont déjà demandé de revenir quand je serai rentrée.

Cette annonce m’a également permis de constater que l’âge a peu d’impact sur l’ouverture d’esprit…


Pour résumer :

Quitter son emploi pour partir en tour du monde n’est jamais une chose facile. Il vous faudra bien prendre en compte l’ensemble des éléments pour réussir ce virage.

Armez-vous de patience et calculez bien votre budget car cela aura une influence directe sur votre voyage. Faire un tour du monde, c’est une expérience qu’on ne vit qu’une fois et ce serait dommage de gâcher ça pour une histoire de job.

La préparation de votre tour du monde pourra aussi dépendre d’autres facteurs : crédit(s), enfant(s)… qui peuvent être des freins à votre projet. L’important, c’est de ne pas se laisser abattre et de rester positif. Même quand tout se passe comme prévu, c’est long. L’important, c’est de mettre à profit ce temps pour bien préparer ce grand voyage, peaufiner les détails, ajouter ou enlever des destinations, mettre de l’argent de côté… N’oubliez pas les plus téméraires qui partent avec vingt balles en poche et les parents cools qui voyagent avec leur progéniture !

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